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Intervention le samedi 7 Novembre 2026.

Au limites de la parole et de l’agir, conduites addictives et suppléances chez une adolescente

À l’adolescence, les remaniements pulsionnels, identificatoires et relationnels peuvent mettre à l’épreuve les capacités de liaison et de symbolisation du sujet. Lorsque les limites entre dedans et dehors, soi et objet, pensée et agir deviennent particulièrement fragiles, le recours au produit, le passage à l’acte ou le refus de parler peuvent constituer moins de simples symptômes que des tentatives de contenir une angoisse difficilement représentable.

Cette intervention prendra appui sur la situation clinique de C .., 16 ans, confrontée à des violences intrafamiliales, à une consommation régulière de « speed » et à une succession de prises en charge éducatives, judiciaires et thérapeutiques. Coraline semble simultanément solliciter les professionnels et mettre en échec les liens qui lui sont proposés. Ses conduites interrogent une répétition de l’abandon, mais aussi la manière dont elle cherche à maintenir une forme de continuité et de maîtrise face à la menace d’effondrement.

Le « speed » désigne généralement l’amphétamine vendue illicitement sous forme de poudre. Ce psychostimulant augmente notamment la libération et limite la recapture de la dopamine et de la noradrénaline. Il produit temporairement vigilance, énergie, euphorie, sentiment de puissance et diminution de la fatigue, mais peut également majorer l’angoisse, l’agitation, l’insomnie et les phénomènes persécutifs. Dans la dynamique psychique de Coraline, le produit pourra être envisagé comme une suppléance paradoxale : il soutient momentanément une illusion de puissance et de continuité, tout en accentuant secondairement la désorganisation qu’il tente de contenir.

Les apports de Freud, Melanie Klein et Winnicott permettront d’éclairer le recours à l’agir, le clivage, les angoisses archaïques et la crainte de l’effondrement. L’intervention examinera ensuite la fonction du dispositif institutionnel : comment maintenir un cadre stable sans reproduire une expérience d’emprise ? Comment les professionnels peuvent-ils travailler les mouvements d’idéalisation, de rejet et de clivage dont ils deviennent les dépositaires ?

Dans le prolongement des précédents travaux du CPRM sur la psychanalyse avec les adolescents, les institutions, le trauma et les rapports entre lieu, non-lieu et investissements psychiques, une place particulière sera accordée aux médiations et au psychodrame psychanalytique. La mise en scène peut introduire du jeu et de la figurabilité là où la parole directe demeure impossible. L’enjeu consiste moins à faire disparaître immédiatement l’agir qu’à accompagner son passage vers une expérience partageable, représentable et progressivement symbolisable.

Les données cliniques ont été remaniées afin de préserver l’anonymat de la patiente, notamment par le changement de son prénom.

Mots-clés : adolescence ; états limites ; conduites addictives ; suppléance ; psychodrame psychanalytique.