https://collectif-asap.fr/livre-blanc-soin-psychique-enfants-adolescents-2026.pdf
Le livre blanc Le soin psychique des enfants et adolescents (Patrick Landman, avec le soutien du collectif ASAP, septembre 2026) part d’un constat : les demandes de soins augmentent alors que les équipes publiques de pédopsychiatrie manquent de moyens. Il défend un soin accessible, inscrit dans la durée et attentif à l’histoire de chaque enfant, à sa famille et à son environnement. Sa proposition centrale est de renforcer les lieux où l’on soigne, en particulier les CMP, les CMPP et les hôpitaux de jour, et de préserver la diversité des approches thérapeutiques.
Les idées principales
- Le diagnostic est utile, mais il ne suffit pas à construire un soin. Le texte reconnaît son importance pour comprendre les difficultés et ouvrir des droits. Il s’inquiète toutefois d’un système où l’évaluation et l’orientation mobilisent des moyens croissants, tandis que les équipes chargées du suivi manquent de temps et de professionnels.
- Le lien thérapeutique et la continuité comptent particulièrement chez l’enfant et l’adolescent. Les auteurs défendent des lieux de proximité capables d’accueillir les familles et d’accompagner les jeunes dans la durée. Ils demandent aussi de mieux organiser le passage vers les soins pour adultes.
- Les familles doivent être des partenaires du soin. Le livre blanc refuse de les tenir pour responsables des troubles de leur enfant. Il propose de travailler avec elles sans réduire la situation clinique à la seule relation familiale.
- Les pratiques doivent être évaluées avec des méthodes adaptées. Le texte ne rejette ni la recherche scientifique, ni les diagnostics, ni les médicaments. Il soutient que l’essai randomisé ne peut pas, à lui seul, rendre compte de toutes les psychothérapies et des interventions qui évoluent avec l’enfant. Il demande davantage de place et de financement pour la recherche clinique de terrain, les études qualitatives et le suivi à long terme.
- Le pluralisme thérapeutique est une revendication majeure. Les auteurs veulent que les approches psychodynamiques, institutionnelles, psychanalytiques, le psychodrame analytique et d’autres pratiques puissent être proposées, étudiées et discutées sans qu’un seul modèle devienne la référence obligatoire.
- Plusieurs politiques concrètes sont réexaminées. Le livre blanc appelle à revoir « Mon soutien psy », à réduire l’isolement et la contention des mineurs par un meilleur travail d’équipe, et à donner à l’inclusion scolaire les moyens humains et cliniques nécessaires.
- La décision publique devrait mieux représenter la diversité du terrain. Parmi ses douze demandes figurent la transparence sur les groupes d’experts et leurs liens d’intérêts, une vision d’ensemble des dispositifs existants et un soutien aux projets conçus par les équipes elles-mêmes.
Pour la pratique du psychodrame et du travail avec les adolescents, le point le plus directement pertinent est la reconnaissance explicite du psychodrame analytique parmi les interventions complexes que les auteurs souhaitent voir évaluées selon des méthodes adaptées. Il s’agit ici d’une position défendue par ce livre blanc, et non d’un constat selon lequel toutes ces pratiques disposeraient du même niveau de preuve. Le texte est un document de propositions porté par des cliniciens ; ses critiques et ses demandes doivent être lues comme telles.